La place des femmes en Inde.

Auteur franz dans géographie LS2 — franz jeu 13 sept 2007 11:42

sur France Culture le mercredi 14 mars 2007

Les femmes en Inde

Les femmes indiennes représentent, un sixième de la population féminine mondiale. Connaître leur place, leur statut et leurs rôles dans la société indienne permet de mieux comprendre la nature des permanences et des mutations comme les disparités territoriales de ce vaste pays qu’est l’Union Indienne.

 
 

 
Christophe Jaffrelot.  politologue, et directeur du CERI (Sciences Po)

 
Blandine Ripert.  géographe, CRNS/Ehess

bibliographie complémentaire :

           
les livres
 
 
 

 
Shashi Tharoor
Le grand roman indien
Points Seuil - 2002
 


— Traduit de l’anglais par Christiane Besse
Contraint à la retraite, le vénérable et irascible Ved Vyas dicte avec vigueur et opiniâtreté à son scribe Ganapathi de bien singuliers mémoires… Le grand roman indien, s’inspire de l’épopée du Mahabharata, Maha signifiant «grand», Bharata désignant le clan qui conquit et peupla l’Inde du Nord. L’idée de parodier ce texte fabuleux pour retracer l’évolution de l’Inde moderne exigeait une maîtrise parfaite de l’épopée originale et de l’histoire politique indienne des cent dernières années. L’auteur réussit le prodigieux coup de force d’allier cette maîtrise à une écriture d’une élégante allégresse, à un ton d’une délicieuse impertinence.

 
 

 
Christophe Jaffrelot (Dir.)
L’Inde contemporaine, de 1950 à nos jours
Fayard - Avril 2006
 


L’Inde fait aujourd’hui irruption sur la scène internationale à la faveur de la globalisation économique, forte de son nouveau statut de puissance nucléaire et en vertu d’une formidable dynamique culturelle dont la littérature et le cinéma sont les meilleurs symboles. Cette montée en puissance est le fouit de ce qu’elle a semé au lendemain de l’indépendance de 1947, point de départ de cet ouvrage qui décrit la trajectoire singulière de l’Inde contemporaine, tant au plan politique que diplomatique, économique, social et artistique. Le non-alignement des années 1950 a ainsi fait place à un rapprochement avec l’URSS avant de céder le pas à la convergence indo-américaine des années 2000 ; l’intervention de l’Etat dans l’économie a été remise en cause dans les années 1990, la libéralisation donnant naissance à une nouvelle classe moyenne et creusant les écarts entre les régions ; l’urbanisation s’est poursuivie au rythme de la croissance démographique sans que l’exode rural ne vide pour autant les campagnes, toujours majoritaires ; les castes ne s’agencent plus suivant un ordre aussi hiérarchique que dans le passé, mais si elles s’organisent en groupes d’intérêt en compétition pour le pouvoir et l’obtention d’une meilleure part du gâteau, leur rôle dans la société ne faiblit pas. La dimension culturelle informe également tout l’ouvrage, non seulement parce qu’on ne comprend pas l’Inde en dehors de ses catégories propres, mais aussi parce que ce pays, riche en arts, est porteur d’une grande civilisation. Celle-ci souffre toutefois de tensions religieuses qui opposent notamment les hindous aux musulmans, un phénomène indissociable du contentieux indo-pakistanais à l’origine de trois guerres en cinquante ans. Cette nouvelle édition, augmentée de sept nouveaux chapitres et entièrement mise à jour, permet d’appréhender pleinement l’Inde dans sa complexité.

 

 
Christophe Jaffrelot
Inde : la démocratie par la caste - Histoire d’une mutation sociopolitique (1885-2005)
Fayard - 2005
 


L’lnde se présente comme « la plus grande démocratie du monde » ; de fait, cet autre empire du milliard qui organise des élections libres depuis plus d’un demi-siècle a pris l’habitude de l’alternance depuis 1977, jouit d’une presse libre et connaît une justice au moins aussi indépendante que sous nos latitudes.
Longtemps cette démocratie a été conservatrice.
Linfluence de Gandhi — réformateur moins radical que ne le dit l’hagiographie occidentale — et la sociologie très élitiste des dirigeants du Congrès, le parti dominant au lendemain de l’indépendance, ont beaucoup contribué au statu quo. Mais les vraies racines du mal étaient ailleurs, dans l’agencement vertical d’une société de caste qui permettait depuis des siècles à une minorité d’hommes bien nés de gouverner sans partage.
Cet ordre hiérarchique a été ébranlé, dès l’époque coloniale, non seulement par la pénétration des idées d’égalité et de liberté, mais aussi et surtout par les politiques de discrimination positive mises en oeuvre par les Britanniques en faveur des intouchables et des basses castes.
Après l’indépendance, le Congrès s’est efforcé de circonscrire ces mesures au maximum, mais les basses castes y ont trouvé un objectif de mobilisation collective qui leur a finalement permis de former un front uni à partir de 1990.
Désormais, les castes ne font plus système ; elles sont une collection de groupes d’intérêt en concurrence pour une part du pouvoir. La vieille logique clientéliste s’effondre, qui amenait la paysannerie ou les ouvriers endettés à voter pour des notables ruraux ou des magnats locaux du Congrès.
À la place, des partis de basse caste prennent leur essor et s’emparent du pouvoir à travers toute l’Inde du Nord. C’est une véritable révolution silencieuse, unique en son genre : une révolution sans effusion de sang, aussi légaliste que l’ont toujours été les leaders de basse caste à l’instar de leur modèle à tous, Ambedkar.
L’Inde accède à une démocratie enfin digne de ce nom, et ce, paradoxalement, par la caste car celle-ci, point d’application des mesures de discrimination positive, aura été le cadre et le levier des mobilisations de la plèbe indienne, la structure collective qui a permis d’agréger les intérêts du grand nombre.

 
 

 
Christophe Jaffrelot
La démocratie en Inde
Fayard - 1998
 


La démocratie indienne n’a pas d’équivalent dans les pays du Sud, car elle s’enracine dans une longue histoire. Dès les années 1920, les Britanniques ont introduit une forme de parlementarisme et le Congrès, qui incarnait le mouvement d’indépendance, s’est construit comme un véritable parlement. Ses leaders adhéraient au modèle anglais tout en considérant la démocratie comme un titre de gloire de l’Inde ancienne ; même Gandhi, bien que plus réservé envers le système parlementaire, militait contre un pouvoir fort pour que les villages soient le cœur du système politique. En outre, les factions et les baronnies excluaient la création d’un Etat centralisé. Avant même l’indépendance, le Congrès dut prendre ainsi l’habitude de rechercher des compromis dans la quête d’un consensus.
La démocratie conservatrice à laquelle l’«Etat Congrès» a donné naissance reposait sur un vaste réseau de clientèles, les milieux paysans et ouvriers demeurant largement inorganisés. Paradoxalement, la démocratie indienne a franchi une nouvelle étape dans les années 1990, quand la politisation des castes a favorisé le pluralisme politique et permis aux castes inférieures de faire valoir leur principal atout, le nombre. Mais bien des menaces pèsent sur elle aujourd’hui ; l’essor de la corruption, la criminalisation du politique et la montée en puissance du nationalisme hindou.
- quatrième de couverture -

 

 
Pascale Haag et Blandine Ripert
L’Inde
Cavalier Bleu - 2007
 


collection Idées Reçues

source France Culture.

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