Auteur franz dans géographie LS2 — franz lun 29 sept 2008 23:18
Diffusion de l’émission Planète Terre sur les territoires inégaux de la santé
Emission diffusée sur France Culture le 6/02/08.
La Réunion Photo Clément Arnal
Invités de sylvain Khan : Stéphane Rican. Université Paris X – Nanterre Département de géographie Zoé VAILLANT est maître de conférences à l’Université de Paris X Nanterre
La géographie de la santé cherche à démontrer les disparités spatiales de santé, afin de "montrer les combinaisons de facteurs qui, sur un espace donné, exposent différentiellement des populations à certains risques sanitaires et qui distribuent inégalement dans l’espace des populations exposées à tel ou tel risque propre".
Zoé Vaillant.
Zoé Vaillant est Maître de Conférences à l’Université Paris X. Elle enseigne dans le master de géographie de la santé et est membre du laboratoire Espace, Santé et Territoires. Elle vient de publier La Réunion, koman i lé ? Territoires, santé, société (PUF 2008, coll. Partage du savoir). Cécile Marin est géographe-cartographe diplômée de l’université d’Orléans. Elle a signé la cartographie de nombreux atlas chez Autrement.
La géographie de la santé est une géographie sociale qui s’attache plus aux populations qu’aux maladies.
La géographie de la santé cherche à comprendre la distribution spatiale de la mortalité, des causes de décès, des maladies et des comportements des individus relatifs à leurs corps et à la vie, comme la sexualité, l’allaitement, les habitudes alimentaires. S’attachant à connaître les populations plutôt que les maladies, la géographie de la santé met à jour des disparités spatiales qui les caractérisent et cherche à rendre compte.
Zoé Vaillant a publié
La Réunion, koman i lé ? : territoires, santé, société
PUF - Le Monde Editions. Collection Partage du savoir - 18 janvier 2008
Auteur franz dans Géographie LS1 — franz ven 23 mai 2008 20:19
Dans le cadre du cours sur la montagne en LS 1 l’intégrale de l’émission sur F Inter.
Sports d’hiver: Sport de masse ou sport de riches ?
le manque de neige à l’Alpe d’Huez ( Janvier 2007)
Rue des entrepreneurs
France inter samedi 2 décembre 2006
Une manne de revenus :
La montagne et les sports d’hiver font partie des mythes de l’honnête homme du 20 ème siècle. Au début des années 60, l’aménagement du territoire organisait ce qui allait être le cadre d’une civilisation des loisirs et une manne de revenus qui permettrait de fixer les populations rurales en dehors des périodes d’activité agricole. Le Languedoc Roussillon dans le midi, largement financé par l’État, pour l’été et les montagnes des Alpes pour l’hiver.
Les difficultés nouvelles :
La montagne représente un enjeu économique important pour le tourisme français. Mais depuis quelques années, les nuages s’amoncèlent : le parc des logements des sports d’hiver ne correspond plus, tant s’en faut, aux exigences des consommateurs d’aujourd’hui. L’aménagement des équipements collectifs pour attirer les touristes est de plus en plus onéreux, d’autant qu’il faut tenir compte de la concurrence étrangère.
Le changement climatique :
Enfin, en observant le recul généralisé des glaciers alpins, le raccourcissement de la saison des sports d’hiver, le recours chronique aux canons à neige, du fait des modifications climatiques, on comprend les inquiétudes des 120000 salariés qui vivent de la montagne l’hiver.
Flaine : station intégrée de Haute Savoie
invités
Éric Adamkiewicz
Directeur général des services de l’Office du tourisme de Bourg St Maurice/Les Arcs
Alain Boulogne
Maire de Gets. Chargé de mission montagne au MITRA (Mission d’Ingéniérie Touristique Rhône-Alpes)
Gérard Brémont
PDG du groupe Pierre&Vacances
Emmanuelle Marcelpoil
Chercheur au CEMAGREF (Recherche pour l’ingéniérie de l’agriculture et de l’environnement)
Marie-Antoinette Mélières
Climatologue, Chercheur au LGGE (Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement)
Jean-Yves Rémy
PDG du groupe Remy Loisirs
Jean Viard
Sociologue et directeur de recherches au CNRS
Son livre
Jean Viard, avec la collaboration d’Ugo Rollin
Éloge de la mobilité : essai sur le capital temps libre et la valeur travail. Editeur : Editions de l’Aube
parution : 2006
L’auteur explore les conséquences de la mobilité généralisée sur la façon de vivre dans la société contemporaine et sur les liens sociaux. Selon lui, les normes et les valeurs construites pour occuper le temps libre croissant sont en train de devenir les bases de la culture collective, bousculant les liens sociaux et politiques.
lac de retenue pour l’enneigement artificiel à l’Alpe d’Huez (2007)
revues
Etudes
Pierre-Noël Giraud La lutte contre le changement climatique
parution : octobre 2004
par : Pierre-Noël Giraud
Le positionnement de l’offre française de sports d’hiver
Odit France
Note de synthèse. Etude réalisée par le cabinet Architecture et Territoire pour le compte de la direction du Tourisme. parution : février 2005
par : Odit France
Stratégie de promotion et de communication de la montagne française
LZA Business Development - France Montagnes
parution : juin 2006
par : LZA Business Development - France Montagnes
Auteur franz dans Géographie LS1 — franz mer 21 mai 2008 17:58
En Février 2008, Sylvain Kahn a accueilli sur France culture dans son émission Planète Terre deux géographes spécialistes des montagnes : Bernard Debarbieux et Pierre Pech
Ces deux émissions nous permettrons d’approfondir notre réflexion sur la géographie de la montagne.
Durant deux émissions, Planète Terre vous convie à une réflexion sur les Alpes.
Ecoutons d’abord Bernard Debarbieux.
Le Mont Blanc depuis Flaine photo F arnal 2006
Quel est l’état de la recherche sur ce massif qui est en France l’archétype, pour ne pas dire le modèle, de la montagne ?
Les Alpes se donnent comme une unité de sens géographique élémentaire et essentielle. On parle des Alpes comme d’un fait de nature là de toute éternité, inamovible, sinon fixe. Cette perception va de pair avec une certaine fascination, un pouvoir de séduction et d’attraction qu’exercent les Alpes – d’où la tentation et le besoin scientifique d’en percer le mystère.
Les mystères des Alpes, c’est le sujet de cette émission sur Planète Terre.
Ce premier rendez-vous ne sera pas placée sous le signe de la géographie physique, mais sous celui de la géographie culturelle, qui est la marque de fabrique de notre invité d’aujourd’hui. Bernard Debarbieux. est professeur à l’Université de Genève, département de géographie.
Toute sa recherche géographique tend à démontrer que les Alpes sont une représentation, un espace perçu et un discours construit.
L’émission est placée sous le signe de la géographie culturelle qui est une marque de fabrique de la pensée de B Debarbieux.
Cette géographie culturelle tend à déconstruire la classique géographie alpine qui fait du relief et du milieu des éléments d’identification des Alpes ou des espaces montagnards.
Faut il aller jusqu’à penser que les Alpes n’existent pas ?
"Le relief est quelque chose qui existe indiscutablement, la topographie est là, mais si on veut comprendre la façon que les sociétés ont d’ habiter l’Europe ou une partie de l’Europe qu’on appelle les Alpes, il faut comprendre de quelle façon les populations composent et vivent avec le relief et avec les climats ou la végétation correspondante, mais aussi la façon qu’elles ont d’imaginer l’environnement dans lequel elles vivent"..
Le Mont Blanc depuis Courchevel Photo F Arnal 2007
"Il y a des représentations alpines qui sont très différenciées selon les populations, les catégories de la société, et puis il y a des représentations qui sont différentes selon les pays et selon les époques. La Suisse par exemple a placé les Alpes ou la montagne au coeur des ses représentations nationales ou de leur imaginaire national c’est aussi le cas de la Slovénie". Et puis d’autres qui ont considéré les Alpes comme leur lointaine périphérie c’est le cas de la France au moins jusque dans les années 60.
B Debarbieux fait le parallèle entre les politiques publiques de la montagne en Suisse ou Autriche et en France. Alors que dans les premier cas l’agriculture de montagne a été soutenue et valorisée tout en tirant profit du tourisme alpin. on a développé en Suisse un tourisme de village qui est encore largement aux mains des familles locales qui sont passées petit à petit de l’agriculture ou de l’élevage à l’hôtellerie.
En France un autre choix a été fait dans les années 60 sur le tourisme de masse et de grands aménagements intégrés remarquablement organisés et conçus mais qui ont délibérément fait l’impasse dans un premier temps sur les populations locales, quitte à leur donner le sentiment de les spolier un peu de leur territoire.
Les grands sites aménageables et les grandes parcelles communales ont été repérées par les aménageurs. Les grands stations de Tarentaise ont été localisées sur ce principe de repérage systématique.
B Debarbieux constate que les montagnes sont des lieux protégés. Occupant 20 à 25 % de la planète, elles font l’objet de nombreuses délimitations et protections ( la moitié des parcs nationaux ou des zones protégées dans le monde sont localisées en montagne). Cela est certainement du à l’idée de nature à partir du XVIII° siècle la montagne représentait l’idée de nature la plus emblématique. Les premiers parcs ont été inventés aux Etats Unis et sont apparus dans les Alpes dans les années vingt.
Les montagnes ont été "renaturalisées", on a été même jusqu’à chasser les populations locales de ces parcs nationaux (Appalaches). Les montagnes sont la plus naturelle des natures mais elles incarnent cet idéal de nature qu’on leur avait attribué très tôt dans l’histoire des sciences.
BD revient ensuite sur la notion de "haut lieu". Certains lieux méritent d’être identifiés comme ayant une densité symbolique, une valeur propre emblématique pour une nation, un groupe social, ou pour l’humanité (on parle de "patrimoine mondial de l’humanité"). Le Mont-Blanc a incarné cette idée là à la fin du XIX° siècle. Le Cervin est tout aussi emblématique pour la Suisse.
Auteur franz dans géographie LS2 — franz sam 12 avr 2008 15:27
Retour à la guerre totale au Sri Lanka
15/01/2008
Décryptage
Par Norbert Navarro
mardi 15 janvier 2008
Dans cette émission Eric Meyer fait une excellente synthèse de la situation au Sri Lanka avec une analyse historique, géographique et géooplitique.
Après six années de cessez-le-feu, la violence se déchaîne depuis six mois dans l’île. Les rares observateurs étrangers sont priés de quitter le pays le 16 janvier. Après, ce sera de nouveau la guerre à huis clos au Sri Lanka.
Invité : Eric Meyer, directeur de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, INALCO, spécialiste du Sri Lanka
Auteur franz dans géographie LS2 — franz sam 22 déc 2007 16:42
Rediffusion d’une émission de France Culture sur la tectonique des plaques avec Paul Tapponier Paul Tapponnier, né le 6 janvier 1947, ingénieur civil des Mines de Paris (1970), docteur ès sciences (1978) est physicien à l’Institut de physique du globe.
Il était l’invité de Sylvain Kahn le 29 Novembre 2006. Cette émission est rediffusée sur Planète Terre le 19/12/07.
Paul Tapponier revient sur le séisme de Sumatra ayant déclenché le tsunami du 26/12/2004;
Un des plus grands tremblements de terre jamais enregistré (9,7 selon l’échelle de Richter).
Ce séisme a touché le monde indien.
L’Humanité. International - Article paru le 31 décembre 2004
Sinistre histoire de plaque
"Le glissement de la plaque indo-australienne sous la plaque continentale fait de l’Indonésie une région des plus instables.
Maudite soit la tectonique des plaques… Le terrible séisme de dimanche dernier, qui a provoqué des raz de marée dévastateurs en Asie du Sud-Est, est venu rappeler à tous cette vérité géologique : la croûte terrestre est un véritable puzzle en perpétuel mouvement. Une activité incessante qui modèle depuis des millions d’années la géographie de la planète. Et provoque régulièrement tremblements de terre et autres éruptions volcaniques. Le séisme de magnitude 9 qui s’est produit en pleine mer, au nord-ouest de Sumatra, est le dernier avatar d’un affrontement titanesque qui dure depuis près de cinquante millions d’années.
C’est vers cette époque, en effet, que la plaque indo-australienne, qui « porte » l’Inde, est entrée en collision avec la plaque eurasienne. Cette violente pression dans un sens sud-nord continue de s’exercer au rythme d’environ 5 centimètres par an. Elle a formé la chaîne himalayenne. Et repousse vers le sud-est la plaque de la Sonde, sur laquelle se situe l’archipel indonésien. Cette intense activité fait de cette région un haut lieu du volcanisme et de la sismologie. À l’ouest de Sumatra, la lutte des deux plaques se double d’un phénomène surprenant : la subduction. En clair, la plaque indo-australienne glisse sous sa rivale à la vitesse de quelques centimètres par an. Littéralement aspirée vers le bas, elle se transforme en magma. Le matériau qui la forme devient alors plus léger et remonte violemment vers la surface, comme un morceau de bois."..
La prévision, en termes de sismicité, est-elle plus ou moins difficile que la prévision climatique ?
Paul Tapponnier. La prévision climatique est très difficile : on n’a que des prévisions à 24 heures, des tendances sur une semaine, mais après, on ne sait plus faire. Sauf qu’on voit venir les tempêtes, qui se déplacent à la vitesse des vents, c’est-à-dire à une vitesse assez raisonnable. Restent des problèmes comparables à ceux que nous connaissons sous terre, à savoir un fonctionnement complexe, chaotique, qui fait qu’on ne peut prédire longtemps à l’avance. En termes de sismicité toutefois, je maintiens qu’être capable de dire que telle faille produit des séismes tous les cinquante ans, cent cinquante ans ou mille ans est déjà un énorme progrès. Il ne reste plus qu’à savoir où l’on se situe dans cet intervalle de temps. Maintenant, déterminer le jour précis où un tremblement de terre va frapper, c’est un objectif beaucoup plus compliqué. Mais je pense que, petit à petit, on arrivera à réduire cette fenêtre de temps.
La conférence mondiale de Kobe sur les catastrophes naturelles doit évoquer la création d’un système d’alerte et de prévention des tsunamis dans l’océan Indien. Quelles formes pourrait prendre ce système, très concrètement ?
Paul Tapponnier. Au Japon, il y a des sirènes. Les médias sont sollicités aussi, notamment les radios. Il y a aussi des systèmes plus sophistiqués, via Internet, qui peuvent fonctionner même s’ils touchent moins de monde. Un collègue revenu du Sri Lanka me disait, il y a peu, le meilleur instrument de prévention là-bas a été le téléphone portable ! Car tout ne s’est pas fait de façon instantanée. Une première vague, toute petite, a d’abord envahi la piscine d’un hôtel. Ensuite, il s’est écoulé trente minutes, pendant lesquelles le niveau de la mer est descendu, descendu… découvrant des roches qui n’avaient jamais été découvertes, même à marée basse. Puis une vague beaucoup plus importante est arrivée, au bout de sept minutes. Ça laissait donc le temps de réagir, à condition de savoir ce qu’il se passait. Le problème, c’est que dans l’heure qui suit un séisme, on n’arrive pas bien à en déterminer la magnitude, et donc la gravité. C’était le cas le 26 décembre, où l’on a d’abord parlé d’une magnitude de 8, puis de 8,6, puis de 9. Entre-temps, la vague était déjà arrivée aux Maldives.
Les deux invités spécialistes de la mousson, l’un en Afrique, l’autre en Asie nous expliquent les principaux mécanismes de cette variation saisonnière des vents et des précipitations dans la zone intertropicale.
Thierry Lebel. directeur de recherche à l’IRD, Programme AMMA Pascal Terray. chercheur IRD
Elle concerne en premier lieu le monde indien :
"Le mot « mousson », apparaît au début du XVII° siècle. Il dérive du portugais qui l’avait lui-même emprunté à la langue arabe. Le mot « mawsim » signifiait « saison, époque fixée », puis, par extension « époque favorable pour le voyage des Indes, dans l’océan indien ». Ce vent tropical saisonnier qui souffle chaque été de l’océan vers le continent réfère à l’Asie en raison de l’histoire des épices, du commerce et de l’extension géographique de l’Islam. Ce tropisme asiatique vient également du fait que, selon le mot de Montesquieu dans l’Esprit des Lois, « la mousson cause, surtout auprès des côtes, d’horribles tempêtes ». Les inondations meurtrières et dévastatrices du mois d’août 2007 en Inde et au Bangladesh en portent témoignage.
La mousson est pourtant un personnage météorologique surprenant. Douée du don d’ubiquité, elle est là où on ne l’attend pas : sur les côtes australiennes, américaines, du Brésil et d’Afrique de l’Ouest. Si sa saisonnalité ne fait pas débat, ses irrégularités et ses anomalies sont aujourd’hui repérées. Ses sautes d’humeurs et ses coquetteries aux terribles conséquences font depuis 20 ans l’objet d’une attention croissante des scientifiques. La mousson ne se laisse pas facilement modéliser ni prévoir. L’anticiper et la connaître est cependant chaque année un enjeu agricole et urbain majeur pour des centaines de millions d’hommes"
source France Culture.
Auteur franz dans Inclassable — franz jeu 27 sept 2007 16:41
La géographie postcoloniale
Ecoutez cette semaine l’émission de France Culture "Planète Terre" :
Cette émission intéressera les LS2 (Lettres Supérieures 2) année préparant le concours d’entrée à l’ENS LSH (Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines) qui travaillent sur le monde indien et sur le thème de la diaspora.
Delphine Papin évoque la situation des immigrés du sous continent indien à Londres.
Emission du mercredi 26 septembre 2007
La géographie Post-coloniale. Durée 30 mn
Invités :
Jeremy Robine. doctorant à l’Institut Français de géopolitique
Delphine Papin. chargée d’enseignement à l’université de Paris VIII, département de Géopolitique.
Auteur franz dans géographie LS2 — franz jeu 13 sept 2007 11:42
sur France Culture le mercredi 14 mars 2007
Les femmes en Inde
Les femmes indiennes représentent, un sixième de la population féminine mondiale. Connaître leur place, leur statut et leurs rôles dans la société indienne permet de mieux comprendre la nature des permanences et des mutations comme les disparités territoriales de ce vaste pays qu’est l’Union Indienne.
Christophe Jaffrelot. politologue, et directeur du CERI (Sciences Po)
Blandine Ripert. géographe, CRNS/Ehess
bibliographie complémentaire :
les livres
Shashi Tharoor
Le grand roman indien Points Seuil - 2002
— Traduit de l’anglais par Christiane Besse
Contraint à la retraite, le vénérable et irascible Ved Vyas dicte avec vigueur et opiniâtreté à son scribe Ganapathi de bien singuliers mémoires… Le grand roman indien, s’inspire de l’épopée du Mahabharata, Maha signifiant «grand», Bharata désignant le clan qui conquit et peupla l’Inde du Nord. L’idée de parodier ce texte fabuleux pour retracer l’évolution de l’Inde moderne exigeait une maîtrise parfaite de l’épopée originale et de l’histoire politique indienne des cent dernières années. L’auteur réussit le prodigieux coup de force d’allier cette maîtrise à une écriture d’une élégante allégresse, à un ton d’une délicieuse impertinence.
Christophe Jaffrelot (Dir.)
L’Inde contemporaine, de 1950 à nos jours Fayard - Avril 2006
L’Inde fait aujourd’hui irruption sur la scène internationale à la faveur de la globalisation économique, forte de son nouveau statut de puissance nucléaire et en vertu d’une formidable dynamique culturelle dont la littérature et le cinéma sont les meilleurs symboles. Cette montée en puissance est le fouit de ce qu’elle a semé au lendemain de l’indépendance de 1947, point de départ de cet ouvrage qui décrit la trajectoire singulière de l’Inde contemporaine, tant au plan politique que diplomatique, économique, social et artistique. Le non-alignement des années 1950 a ainsi fait place à un rapprochement avec l’URSS avant de céder le pas à la convergence indo-américaine des années 2000 ; l’intervention de l’Etat dans l’économie a été remise en cause dans les années 1990, la libéralisation donnant naissance à une nouvelle classe moyenne et creusant les écarts entre les régions ; l’urbanisation s’est poursuivie au rythme de la croissance démographique sans que l’exode rural ne vide pour autant les campagnes, toujours majoritaires ; les castes ne s’agencent plus suivant un ordre aussi hiérarchique que dans le passé, mais si elles s’organisent en groupes d’intérêt en compétition pour le pouvoir et l’obtention d’une meilleure part du gâteau, leur rôle dans la société ne faiblit pas. La dimension culturelle informe également tout l’ouvrage, non seulement parce qu’on ne comprend pas l’Inde en dehors de ses catégories propres, mais aussi parce que ce pays, riche en arts, est porteur d’une grande civilisation. Celle-ci souffre toutefois de tensions religieuses qui opposent notamment les hindous aux musulmans, un phénomène indissociable du contentieux indo-pakistanais à l’origine de trois guerres en cinquante ans. Cette nouvelle édition, augmentée de sept nouveaux chapitres et entièrement mise à jour, permet d’appréhender pleinement l’Inde dans sa complexité.
Christophe Jaffrelot
Inde : la démocratie par la caste - Histoire d’une mutation sociopolitique (1885-2005) Fayard - 2005
L’lnde se présente comme « la plus grande démocratie du monde » ; de fait, cet autre empire du milliard qui organise des élections libres depuis plus d’un demi-siècle a pris l’habitude de l’alternance depuis 1977, jouit d’une presse libre et connaît une justice au moins aussi indépendante que sous nos latitudes.
Longtemps cette démocratie a été conservatrice.
Linfluence de Gandhi — réformateur moins radical que ne le dit l’hagiographie occidentale — et la sociologie très élitiste des dirigeants du Congrès, le parti dominant au lendemain de l’indépendance, ont beaucoup contribué au statu quo. Mais les vraies racines du mal étaient ailleurs, dans l’agencement vertical d’une société de caste qui permettait depuis des siècles à une minorité d’hommes bien nés de gouverner sans partage.
Cet ordre hiérarchique a été ébranlé, dès l’époque coloniale, non seulement par la pénétration des idées d’égalité et de liberté, mais aussi et surtout par les politiques de discrimination positive mises en oeuvre par les Britanniques en faveur des intouchables et des basses castes.
Après l’indépendance, le Congrès s’est efforcé de circonscrire ces mesures au maximum, mais les basses castes y ont trouvé un objectif de mobilisation collective qui leur a finalement permis de former un front uni à partir de 1990.
Désormais, les castes ne font plus système ; elles sont une collection de groupes d’intérêt en concurrence pour une part du pouvoir. La vieille logique clientéliste s’effondre, qui amenait la paysannerie ou les ouvriers endettés à voter pour des notables ruraux ou des magnats locaux du Congrès.
À la place, des partis de basse caste prennent leur essor et s’emparent du pouvoir à travers toute l’Inde du Nord. C’est une véritable révolution silencieuse, unique en son genre : une révolution sans effusion de sang, aussi légaliste que l’ont toujours été les leaders de basse caste à l’instar de leur modèle à tous, Ambedkar.
L’Inde accède à une démocratie enfin digne de ce nom, et ce, paradoxalement, par la caste car celle-ci, point d’application des mesures de discrimination positive, aura été le cadre et le levier des mobilisations de la plèbe indienne, la structure collective qui a permis d’agréger les intérêts du grand nombre.
Christophe Jaffrelot
La démocratie en Inde Fayard - 1998
La démocratie indienne n’a pas d’équivalent dans les pays du Sud, car elle s’enracine dans une longue histoire. Dès les années 1920, les Britanniques ont introduit une forme de parlementarisme et le Congrès, qui incarnait le mouvement d’indépendance, s’est construit comme un véritable parlement. Ses leaders adhéraient au modèle anglais tout en considérant la démocratie comme un titre de gloire de l’Inde ancienne ; même Gandhi, bien que plus réservé envers le système parlementaire, militait contre un pouvoir fort pour que les villages soient le cœur du système politique. En outre, les factions et les baronnies excluaient la création d’un Etat centralisé. Avant même l’indépendance, le Congrès dut prendre ainsi l’habitude de rechercher des compromis dans la quête d’un consensus.
La démocratie conservatrice à laquelle l’«Etat Congrès» a donné naissance reposait sur un vaste réseau de clientèles, les milieux paysans et ouvriers demeurant largement inorganisés. Paradoxalement, la démocratie indienne a franchi une nouvelle étape dans les années 1990, quand la politisation des castes a favorisé le pluralisme politique et permis aux castes inférieures de faire valoir leur principal atout, le nombre. Mais bien des menaces pèsent sur elle aujourd’hui ; l’essor de la corruption, la criminalisation du politique et la montée en puissance du nationalisme hindou.
- quatrième de couverture -
Pascale Haag et Blandine Ripert
L’Inde Cavalier Bleu - 2007
Le jardin de l’ENS-LSH de Lyon réalisé par Gilles Clément.
Emission de France Culture du 15/12/06. Les chemins de la connaissance.
Durée : 30 mn
Gilles Clément est ingénieur agronome et paysagiste, il est aussi professeur à l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles.
Mais il aime être qualifié de "jardinier".
La philosophie ou la sagesse du jardinier renvoient à une conception de l’homme et de sa palce vis à vis de la nature. L’homme n’est pas le maitre et le possesseur mais est conscient de sa dépendance biologique vis à vis de l’environnement.